the wheel option

Stratégie Wheel : générer un revenu avec des puts et des calls

La stratégie Wheel en options : générer un revenu mensuel avec des puts et des calls
TirelireLab · Ceinture Rouge · Stratégie Options

La stratégie Wheel :
se faire payer pour acheter
et vendre des actions

Cash-secured put puis covered call. Un cycle simple, répété indéfiniment, qui génère des primes régulières tout en réduisant mécaniquement ta base de coût. Ma méthode expliquée de A à Z avec des exemples réels.

🗓 Mai 2026 ✍️ Prof Tirelire · TirelireLab 📊 Sources : Charles Schwab · Options Cafe · OptionsPlay
🥋
Ceinture Rouge · Pré-requis obligatoire
Cet article suppose que tu maîtrises les bases des options : call, put, strike, prime, delta, theta. Si ce n’est pas le cas, commence par lire notre guide complet sur les options avant de revenir ici.

L’idée centrale : être payé deux fois

La plupart des investisseurs achètent des actions et attendent que le cours monte pour gagner de l’argent. La stratégie Wheel fait quelque chose de fondamentalement différent : elle génère des revenus que le cours monte, baisse ou ne bouge pas, en vendant du temps et de la volatilité à des acheteurs d’options.

Le principe est simple. Tu identifies une action que tu voudrais posséder à un certain prix. Plutôt que de passer un ordre d’achat limite et d’attendre en touchant rien, tu vends un put : tu encaisses une prime immédiatement et tu t’engages à acheter les actions si elles descendent à ton prix. Si elles n’y descendent pas, tu gardes la prime et tu recommences. Si tu achètes les actions, tu vends alors un call couvert et tu encaisses une nouvelle prime. Le cycle tourne comme une roue, d’où le nom.

1 à 3%
Rendement mensuel typique
par cycle de 30 jours
15 à 25%
Rendement annuel estimé
dans des conditions favorables
100 actions
Par contrat d’option
toujours multiplier par 100

Pourquoi ça marche : le theta joue pour toi

Rappel du guide précédent : le theta mesure la perte de valeur d’une option avec le passage du temps. Chaque jour, une option perd une partie de sa valeur temps, que le cours bouge ou non. En tant qu’acheteur d’options, le theta te détruit. En tant que vendeur (comme dans la Wheel), le theta travaille pour toi : la prime que tu as encaissée se déprécie chaque jour, ce qui augmente mécaniquement ton profit. Tu gagnes de l’argent avec le temps qui passe.

Le cycle complet en 3 phases

La Wheel Strategy · Vue d’ensemble du cycle
1
Phase 1 · Tu n’as pas d’actions
Vente du cash-secured put
Tu vends un put OTM (hors de la monnaie) sur une action que tu veux posséder. Tu encaisses la prime immédiatement. Tu immobilises le cash nécessaire pour acheter 100 actions en cas d’assignation. Deux issues possibles : l’option expire sans valeur (tu gardes la prime, tu recommences) ou tu es assigné (tu achètes les actions au strike, tu passes en phase 2).
↓ Si assigné
2
Phase 2 · Transition
Tu possèdes les 100 actions
L’assignation n’est pas un échec : c’est un scénario planifié. Tu possèdes les actions que tu voulais, à un prix que tu avais jugé acceptable. Ta base de coût effective est le strike moins toutes les primes encaissées jusqu’ici. Tu passes immédiatement en phase 3.
↓ Immédiatement
3
Phase 3 · Tu as des actions
Vente du covered call
Tu vends un call OTM sur les 100 actions que tu possèdes. Tu encaisses une nouvelle prime. Tu t’engages à vendre tes actions au strike si l’action monte. Deux issues : l’option expire sans valeur (tu gardes la prime, tu revends un nouveau call) ou tu es assigné sur le call (tu vends les actions au strike, tu empoche la plus-value + la prime, tu retournes en phase 1).
↓ Si assigné sur le call
↺
Retour en phase 1
La roue recommence
Tu revends un nouveau cash-secured put sur la même action ou sur une autre. Chaque tour du cycle génère des primes. Sur un an, plusieurs tours complets sont possibles selon les délais d’expiration choisis (21 à 45 jours par cycle).

Exemple complet chiffré : Apple à 200$

Voici un cycle complet de la Wheel sur Apple, avec les chiffres réels qui illustrent chaque décision.

📋 Exemple réel · Apple (AAPL) · Compte IBKR
1
Situation de départ : Apple cote 200$. Tu penses que 185$ serait un bon prix pour l’acheter. Plutôt que de passer un ordre limite à 185$ et attendre, tu vends un put strike 185$, échéance 30 jours, prime de 2,50$ (soit 250$ pour le contrat de 100 actions). Tu immobilises 18 500$ en cash pour couvrir l’éventuelle assignation.
2
Scénario A : Apple reste au-dessus de 185$ à l’expiration. Apple cote 192$ le jour de l’expiration. Ton put expire sans valeur. Tu gardes les 250$ de prime. Ton cash de 18 500$ n’a pas bougé. Tu recommences immédiatement : tu vends un nouveau put strike 185$, nouvelle prime 250$. Sur 12 cycles dans l’année : 3 000$ de primes sur 18 500$ immobilisés = 16,2% de rendement annuel sur le cash engagé, sans avoir acheté une seule action Apple.
3
Scénario B : Apple chute à 178$ à l’expiration. Tu es assigné : tu achètes 100 actions Apple à 185$ (18 500$). Ta base de coût effective : 185$ moins les 2,50$ de prime encaissée = 182,50$ réels. Apple vaut 178$ sur le marché, tu as une perte latente de 4,50$ par action mais ton vrai prix de revient est 182,50$, pas 185$.
4
Phase covered call : tu vends un call sur tes actions Apple. Apple est à 178$. Tu vends un call strike 190$, échéance 30 jours, prime de 1,80$ (soit 180$ pour le contrat). Tu t’engages à vendre tes 100 actions à 190$ si Apple remonte. Pendant ce temps, tu encaisses 180$ de prime immédiatement.
5
Apple remonte à 195$ à l’expiration du call. Ton call (strike 190$) est exercé. Tu vends tes 100 actions à 190$. Plus-value sur les actions : 190$ moins 182,50$ (base effective) = 7,50$ par action soit 750$. Prime du covered call : 180$. Prime du put initial : 250$. Total du cycle complet : 1 180$ de gains en environ 60 jours.
Bilan du cycle complet : dans le scénario A (pas d’assignation), 250$ de prime pure tous les 30 jours avec 18 500$ immobilisés. Dans le scénario B (assignation + covered call + vente), 1 180$ sur environ 60 jours avec le même capital. La base de coût réduite par les primes successives est le principal avantage de la Wheel sur le simple achat d’actions.

Comment choisir ses sous-jacents : la règle d’or

C’est la décision la plus importante de toute la stratégie, et de loin. La Wheel ne fonctionne que sur des actions et ETF dont tu acceptes vraiment d’être actionnaire à long terme, y compris si elles baissent de 30 ou 40%. Si tu n’acceptes pas ce scénario, ne vends jamais de put dessus. Jamais.

CritèreCe que je chercheCe que j’évite
Qualité fondamentale Leader de secteur, bilan solide, dividende stable, entreprise que tu comprends Biotechs pré-revenue, penny stocks, entreprises avec dettes excessives
Liquidité des options Open interest supérieur à 1 000 contrats, spread bid/ask inférieur à 0,15$ Options peu liquides, spread large qui grignote immédiatement la prime
Volatilité implicite (IV) IV dans le tiers supérieur de son range sur 52 semaines (IV Rank supérieur à 30) IV très basse (primes dérisoires), IV extrême avant des résultats trimestriels
Résultats trimestriels (Earnings) Expiration de l’option avant la date de publication des résultats Vendre des options qui expirent juste après les earnings (risque de gap violent)
Strike du put Delta entre 0,20 et 0,30 : OTM, probabilité d’assignation de 20 à 30% Delta supérieur à 0,40 : trop proche de la monnaie, risque d’assignation élevé
Échéance cible 21 à 45 jours : zone où le theta decay est le plus intense et favorable au vendeur Moins de 7 jours (gamma risque) ou plus de 60 jours (trop de capital immobilisé)
Taille de position Maximum 20 à 25% du capital total sur un seul sous-jacent Concentrer toute la stratégie sur un ou deux titres
La question que je pose avant chaque trade

« Est-ce que je serais heureux de posséder ces 100 actions au strike, même si elles baissent encore de 20% après l’assignation, et de les garder des mois en vendant des covered calls pendant que j’attends le rebond ? » Si la réponse est non, je passe à autre chose. »

Le covered call : comment optimiser la phase 2

Une fois assigné sur ton put, tu possèdes les actions. L’objectif est maintenant de vendre des covered calls de façon optimale pour maximiser les primes encaissées tout en laissant suffisamment de place au cours pour remonter.

SituationStrike du covered callLogique
Action sous ta base de coût Strike proche de ta base de coût ou légèrement au-dessus Priorité : réduire la perte latente. Tu acceptes de vendre à perte réduite ou à l’équilibre si le cours remonte.
Action proche de ta base de coût Strike 5 à 10% au-dessus du cours actuel (delta 0,25 à 0,30) Équilibre prime/upside. Tu encaisses une prime correcte en laissant l’action monter un peu.
Action nettement au-dessus de ta base Strike plus éloigné (delta 0,15 à 0,20) L’action est profitable. Tu vends un call éloigné pour encaisser une prime plus petite mais laisser courir le profit.
Action très loin sous ta base Strike autour du cours actuel (delta 0,40 à 0,50) Priorité : encaisser le maximum de prime pour réduire au plus vite ta base effective.

⚠️ Le piège du covered call trop proche : si tu vends un call avec un strike trop bas par rapport au cours actuel et que l’action monte fortement, tes actions sont rappelées à un prix inférieur au marché. Tu perds l’upside. Pour ne pas te retrouver à vendre 100 actions Apple à 190$ alors qu’elles valent 230$, garde toujours un strike suffisamment au-dessus du cours pour laisser de la marge. Le covered call plafonne ton profit, c’est son seul vrai inconvénient.

Le rolling : gérer les positions difficiles

Le rolling consiste à fermer une option avant son expiration et à en ouvrir une nouvelle avec un strike différent ou une échéance plus lointaine, en encaissant généralement une prime nette au passage. C’est l’outil de gestion essentiel quand une position se retourne contre toi.

Quand roller un put
Le put approche de l’assignation mais tu veux éviter d’acheter maintenant
Si tu ne veux plus de l’action (la situation fondamentale a changé) ou si tu préfères gagner du temps, tu peux racheter ton put et en vendre un nouveau plus loin dans le temps (roll out) ou avec un strike plus bas (roll down). L’objectif : encaisser une prime nette positive sur l’opération.
La règle du roll
Ne roller que pour un crédit net, jamais à débit
Si l’opération de roll te coûte de l’argent (débit net), c’est un très mauvais signe. Il vaut mieux accepter l’assignation et passer en phase de covered calls plutôt que de payer pour gagner du temps sur une position perdante. Le roll est une technique de gestion, pas d’évitement des responsabilités.

Avantages et risques réels

✓ Les vrais avantages
  • Revenus réguliers indépendants de la direction exacte du marché
  • Réduction mécanique de la base de coût à chaque prime encaissée
  • Triple source de revenu : prime put + prime call + plus-value entre les deux
  • Le theta travaille pour toi chaque jour même si l’action ne bouge pas
  • Psychologiquement plus gérable que la spéculation directionnelle pure
  • Fonctionne dans des marchés latéraux ou légèrement haussiers
  • L’assignation est un scénario planifié, pas une surprise
  • Possibilité de toucher les dividendes si tu es assigné avant la date de détachement
− Les risques réels
  • En cas de krach violent sur le sous-jacent, les primes ne compensent pas la perte
  • Le covered call plafonne le profit si l’action s’envole très fort
  • Capital important immobilisé par sous-jacent (18 500$ pour Apple à 185$)
  • Nécessite un suivi actif : ce n’est pas une stratégie passive
  • Chaque prime encaissée est un événement fiscal immédiat en CTO (flat tax 31,4%)
  • Risque d’être coincé longtemps sur un titre qui ne remonte pas
  • Uniquement disponible en CTO chez un courtier comme IBKR, pas en PEA

🚨 Le scénario catastrophe à ne jamais oublier : tu vends un put sur une action à 100$, strike 90$. La société annonce un scandale comptable. L’action chute à 25$. Tu es assigné à 90$ sur une action qui vaut 25$. Ta perte latente est de 65$ par action soit 6 500$ sur un contrat. Les covered calls que tu vendras à 30$ de strike ne suffiront pas à rembourser cette perte avant des années. La protection ultime contre ce scénario est simple : ne jamais vendre un put sur une entreprise dont tu ne voudrais pas être actionnaire à long terme, même si elle s’effondre de moitié.

Par où commencer concrètement

Si tu veux mettre la Wheel en pratique, voici les étapes dans l’ordre chronologique. Résiste à l’envie de sauter des étapes.

Étape 1 : Paper trading pendant 2 mois minimum. IBKR propose un compte de simulation (paper trading) qui réplique exactement les marchés réels avec des euros fictifs. Pratique le cycle complet sur 2 ou 3 sous-jacents pendant 2 mois avant de risquer un seul euro réel. Tu y découvriras les mécanismes d’expiration, d’assignation et de roll dans un environnement sans risque.

Étape 2 : Choisir un premier sous-jacent simple et liquide. Pour débuter, les meilleurs candidats sont les grandes actions américaines très liquides avec des options très actives : Apple (AAPL), Microsoft (MSFT), Amazon (AMZN), ou des ETF comme SPY (S&P 500) ou QQQ (Nasdaq 100). Ces sous-jacents ont des options liquides avec des spreads étroits et une abondante documentation.

Étape 3 : Commencer avec un seul contrat. Un seul contrat. Pas cinq. Pas dix. Un. Le capital immobilisé sur un put Apple à 185$ de strike est déjà de 18 500$. Apprends le processus sur un contrat avant de scaler. L’objectif des premiers mois n’est pas le profit, c’est la maîtrise du cycle.

Étape 4 : Utiliser IBKR. C’est le courtier de référence pour les options en Europe. Frais à 0,65 USD par contrat, option chain complète, paper trading intégré, toutes les échéances disponibles. Pour plus de détails, voir mon avis complet sur Interactive Brokers.

Pour aller plus loin

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Les options en bourse : guide complet pour débutants
Calls, puts, strike, prime, Greeks, theta decay : les bases indispensables avant de pratiquer la Wheel.
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Avis Interactive Brokers 2026
IBKR est le courtier incontournable pour trader des options en Europe. Frais, PEA, fonctionnalités.
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Comprendre les actions et le marché boursier
La Wheel ne fonctionne que sur des actions que tu comprends et que tu acceptes de posséder. Les bases ici.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la stratégie Wheel en options ?+
La stratégie Wheel est une approche de génération de revenus basée sur la vente cyclique d’options. Elle alterne entre deux phases : la vente de cash-secured puts (encaisser une prime en s’engageant à acheter des actions à un prix choisi) et la vente de covered calls une fois qu’on possède les actions (encaisser une prime en s’engageant à les vendre à un prix choisi). Le cycle génère des primes régulières tout en réduisant mécaniquement la base de coût à chaque rotation.
Quel rendement peut-on espérer avec la Wheel ?+
Les sources sérieuses citent généralement 15 à 25% de rendement annuel sur le capital engagé dans des conditions favorables. Les traders expérimentés qui publient leurs résultats en toute transparence, comme Options Cafe, ont enregistré des rendements supérieurs à 50% en 2025, mais dans des conditions exceptionnelles de volatilité. En pratique, compte sur 1 à 3% de prime mensuelle sur le capital engagé par cycle de 30 jours, avant impôts. Ces rendements dépendent fortement du sous-jacent, de la volatilité implicite et de la discipline dans la sélection des strikes.
Quel capital minimum faut-il pour débuter la Wheel ?+
Pour un cash-secured put, il faut avoir en cash le montant du strike multiplié par 100. Un put vendu sur une action à 50$ avec un strike de 45$ nécessite 4 500$ de cash disponible. Pour débuter sereinement sur un seul sous-jacent, un capital de 5 000 à 10 000€ est raisonnable. Ne jamais engager plus de 20 à 25% du capital total sur un seul titre. Pour des sous-jacents comme Apple ou Microsoft, le capital requis par contrat dépasse les 15 000$, ce qui implique un capital total disponible d’au moins 60 000 à 75 000$ pour maintenir une diversification minimale.
La stratégie Wheel est-elle risquée ?+
Le principal risque est de se retrouver assigné sur un put alors que l’action continue de chuter fortement. Les primes encaissées ne compensent pas une baisse de 40 ou 50% sur le titre. C’est pourquoi la sélection du sous-jacent est l’étape la plus critique : ne jamais vendre un put sur une action dont on n’accepterait pas d’être actionnaire à long terme. Les covered calls présentent eux un risque d’opportunité manquée si l’action s’envole fortement au-delà du strike. La Wheel est une stratégie neutre à haussière, elle souffre dans les marchés baissiers violents.
Peut-on faire la Wheel en PEA ?+
Non. La Wheel strategy sur actions américaines se pratique exclusivement sur un compte-titres ordinaire (CTO) chez un courtier qui propose les options américaines, comme Interactive Brokers. Les options ne sont pas disponibles dans un PEA. De plus, chaque prime encaissée est un événement fiscal immédiat soumis à la flat tax de 31,4% dans l’année, ce qui réduit le rendement net par rapport à un calcul brut. Il faut impérativement intégrer la fiscalité dans le calcul de rentabilité réelle de la stratégie.
Qu’est-ce qu’un cash-secured put exactement ?+
Un cash-secured put est la vente d’un put accompagnée du blocage du cash nécessaire pour acheter les 100 actions en cas d’assignation. Si tu vends un put strike 90$ sur une action, tu dois avoir 9 000$ de cash disponible dans ton compte. Le terme « cash-secured » (ou « cash-covered ») signifie que l’engagement est couvert à 100% par des liquidités, sans levier. C’est la condition sine qua non de la stratégie Wheel : ne jamais vendre un put si tu n’as pas le cash pour l’honorer, car en cas d’assignation tu seras obligé d’acheter les 100 actions au strike, peu importe le cours de marché.

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