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L’éducation financière en France : bilan et changements nécessaires à l’école

L’éducation financière en France : bilan et ce qu’il faut changer à l’école
TirelireLab · Tribune · Mai 2026

L’éducation financière en France :
le bilan honnête et ce qu’il faut
changer à l’école

39% des adultes français atteignent le niveau minimum de culture financière défini par l’OCDE. On sait ce qui manque. On sait comment le corriger. Il reste à le faire.

🗓 Mai 2026 TirelireLab 📊 Sources : OCDE 2023 · Banque de France · EDUCFI

La France en chiffres : une réalité préoccupante

En décembre 2023, l’OCDE a publié sa troisième enquête internationale sur la culture financière des adultes, menée auprès de 70 000 personnes dans 39 pays. Avec un score total de 12,45/20, les Français se classent 14ème sur 39 pays participants. Ce n’est ni catastrophique ni glorieux. C’est dans la moyenne. Mais dans la moyenne signifie quelque chose de précis : seulement 39% des adultes français atteignent le score cible défini par l’OCDE comme permettant aux individus d’agir sur un plan financier de façon autonome et responsable.

Autrement dit, 6 Français sur 10 n’ont pas les connaissances minimales pour naviguer seuls dans la vie financière. Choisir un crédit, comprendre les frais d’un contrat d’assurance-vie, anticiper l’impact de l’inflation sur leur épargne, calculer des intérêts composés. Les bases. Pas les subtilités.

39%
Des adultes français au niveau minimum OCDE
14e/39
Classement France sur 39 pays OCDE 2023
12,45/20
Score culture financière 2023 (vs 12,17 en 2021)
12,82/20
Score 2026 selon EDUCFI (légère progression)
Culture financière · Comparatif OCDE · Score sur 20
🇸🇪 Suède
~16,4
🇳🇴 Norvège
~16,0
🇨🇦 Canada
~15,2
🇩🇪 Allemagne
~14,4
🇫🇷 France
12,45
🇮🇹 Italie
~11,0

Source : OCDE 2023. Scores Suède, Norvège, Canada, Allemagne, Italie : estimations basées sur les classements OCDE, le score France est officiel.

⚠️ Ce que masque la note « dans la moyenne » : les Français maîtrisent insuffisamment le mécanisme des taux d’intérêt simples ou composés et l’impact de l’inflation sur l’épargne. Ce ne sont pas des sujets ésotériques. Ce sont les bases de la gestion d’un livret A, d’un crédit immobilier ou d’un placement en assurance-vie. Le fait que la majorité des adultes ne maîtrisent pas ces concepts après 15 ans d’école obligatoire dit quelque chose sur nos priorités éducatives.

Ce que le paradoxe français révèle

La France a l’un des taux d’épargne des ménages les plus élevés d’Europe, autour de 17% du revenu disponible. Elle abrite la première place financière européenne (Paris), plusieurs des plus grandes sociétés de gestion d’actifs mondiales (Amundi, BNP Paribas AM, AXA IM), et une des industries bancaires les plus sophistiquées du continent. Et pourtant, seuls 45% des Français se fixent des objectifs financiers à long terme en s’efforçant de les atteindre, dont seulement 13% pour préparer leur retraite.

C’est le paradoxe français : on épargne beaucoup mais on pilote peu. On met de l’argent de côté par réflexe, mais sans stratégie, sans vision à 20 ans, souvent sans comprendre les frais ou la fiscalité qui mangent une part significative du rendement. Le problème n’est donc pas l’absence d’argent disponible. C’est l’absence d’éducation pour le gérer intelligemment.

Ce que fait déjà la France : le bilan EDUCFI

Depuis 2016, sous l’impulsion de l’OCDE, la France s’est dotée d’une stratégie nationale d’éducation économique, budgétaire et financière (EDUCFI), opérée par la Banque de France. En dix ans d’existence, les résultats sont réels mais insuffisants.

✓ Ce qui fonctionne
  • 1,8 million de jeunes sensibilisés depuis 2016
  • Passeport EDUCFI généralisé à toutes les classes de 4ème depuis 2023-2024 (750 000 élèves/an)
  • Semaine de l’éducation financière chaque mars (« L’argent, osons en parler ! » en 2026)
  • Score en légère progression : 12,17 en 2021, 12,45 en 2023, 12,82 en 2026
  • Ressources pédagogiques gratuites et de qualité (mesquestionsdargent.fr)
  • Nouveau plan d’action 2026-2027 adopté le 6 mai 2026
✗ Ce qui ne fonctionne pas
  • 2 heures de passeport EDUCFI en 4ème : insuffisant pour ancrer des comportements durables
  • Pas de progression pédagogique cohérente de la CP à la Terminale
  • Aucune matière dédiée dans le tronc commun
  • Forte dépendance aux profs volontaires : inégalités territoriales massives
  • Contenu centré sur la gestion budgétaire et les arnaques, peu sur l’épargne et l’investissement
  • Résultats non évalués nationalement dans les programmes officiels
Le problème de fond

« L’EDUCFI fonctionne comme un supplément facultatif, pas comme une colonne vertébrale. Tant que l’éducation financière n’est pas dans les programmes officiels avec des horaires dédiés, des enseignants formés et une évaluation nationale, elle restera marginale. Une semaine par an ne change pas une culture. »

Ce que font les pays qui réussissent

Avant de proposer des solutions, regardons ce qui marche ailleurs. Les pays nordiques et anglo-saxons qui dominent les classements OCDE ont un point commun : l’éducation financière est une matière à part entière, avec des horaires dédiés, des enseignants formés et une évaluation nationale.

🇬🇧
Royaume-Uni
L’éducation financière est obligatoire dans le curriculum national depuis 2014 pour les élèves de 11 à 16 ans. Intégrée dans les cours de maths et de citoyenneté. Sujets : budget, crédit, épargne, fiscalité, retraite.
Curriculum obligatoire
🇦🇺
Australie
Le programme MoneySmart est intégré dans toutes les matières du CP au lycée. Les élèves apprennent à calculer des intérêts, comparer des produits financiers et planifier une retraite avant l’âge de 18 ans.
Transversal CP-lycée
🇸🇪
Suède
L’économie domestique est une matière obligatoire dès le collège. Les élèves apprennent à gérer un budget, à comprendre les cotisations sociales et à préparer leur retraite. Score OCDE parmi les meilleurs au monde.
Matière obligatoire
🇺🇸
États-Unis (certains États)
25 États américains imposent désormais un cours de personal finance comme condition de diplôme au lycée. Le Missouri et le Tennessee ont rendu ce cours obligatoire dès 2024-2025, avec évaluation nationale.
Condition de diplôme

Pour une matière à part entière : le programme du CP au bac

Assez des demi-mesures. Deux heures de passeport EDUCFI en 4ème, une semaine par an, des intervenants bénévoles : ce n’est pas de l’éducation financière, c’est de la communication institutionnelle. Ce qu’il faut, c’est une matière à part entière, avec un programme progressif du CP au bac, des enseignants formés, des heures dédiées, une évaluation nationale et un contenu qui ne s’arrête pas à la gestion d’un compte courant. Les marchés financiers, l’investissement, la retraite par capitalisation, les ETF, la fiscalité de l’épargne : ce sont des sujets que tout citoyen doit comprendre avant ses 18 ans.

Voici le programme complet que je défends, niveau par niveau. Ambitieux ? Oui. Irréaliste ? Pas plus que d’avoir rendu les mathématiques obligatoires jusqu’au bac dans un pays qui avait une tradition littéraire forte.

01
Maternelle · CP · CE1
L’argent comme outil : les bases de la vie économique
L’argent n’est pas un sujet tabou à l’école maternelle. Les enfants manipulent des euros dès 4 ans dans leur vie quotidienne. Autant les accompagner. À ce stade, l’enjeu est simple : comprendre que l’argent est un moyen d’échange, qu’il s’obtient par le travail, qu’il peut être économisé dans un objectif précis, et qu’il a une valeur relative selon les besoins. L’introduction de la notion de « vouloir » vs « avoir besoin » est un premier ancrage de comportement financier sain.
Programme : jeux de rôle marchands, rendu de monnaie, tirelire et notion de projet d’épargne, distinction besoin/envie. Matière porteuse : maths et découverte du monde. 30 minutes par semaine intégrées aux activités existantes.
02
CE2 · CM1 · CM2
Le budget, les pourcentages et la TVA : des maths qui ont du sens
Le programme de maths du cycle 3 inclut les opérations, les fractions et les pourcentages. Ces notions restent abstraites et démotivantes quand elles sont enseignées hors contexte. Connectées à la réalité financière, elles deviennent immédiatement concrètes. Un élève qui calcule la TVA sur un achat ou compare le prix au kilo de deux produits comprend à quoi servent les pourcentages. C’est aussi à cet âge qu’on peut introduire la notion de salaire, de charges et de ce qu’il reste vraiment à la fin du mois.
Programme : budget familial simplifié, calcul de TVA (20%, 10%, 5,5%), comparaison de prix, introduction au bulletin de salaire, notion de revenu et de dépense. Les problèmes de maths intègrent systématiquement un contexte financier réel. 1 heure par semaine.
03
6ème · 5ème
L’épargne, le crédit et les intérêts : comprendre avant d’emprunter
C’est à l’entrée au collège que les jeunes commencent à avoir accès à l’argent de façon plus autonome (argent de poche, petits boulots, cadeaux). C’est aussi le moment idéal pour introduire les concepts fondamentaux de l’épargne et du crédit. Un élève de 6ème peut tout à fait comprendre qu’un crédit à la consommation à 20% lui coûte 200€ d’intérêts pour 1 000€ empruntés sur un an. Cette prise de conscience précoce est la meilleure protection contre le surendettement futur.
Programme : fonctionnement d’un livret A (taux, calcul d’intérêts simples), différence entre épargne et investissement, mécanique d’un crédit à la consommation, calcul du coût total d’un emprunt, introduction aux arnaques financières courantes. 1 heure par semaine dans une matière dédiée ou en maths/EMC.
04
4ème · 3ème
Les marchés financiers, les actions et les obligations : démystifier la bourse
La bourse fait peur parce qu’elle est mal comprise. Elle est associée aux crises, aux krachs, aux traders en costume qui hurlent. En réalité, les marchés financiers sont le mécanisme par lequel une société peut investir dans les entreprises qui font fonctionner l’économie, et partager la croissance économique mondiale sur le long terme. Un élève de 4ème peut comprendre ce qu’est une action, pourquoi une entreprise s’introduit en bourse, comment un indice comme le CAC 40 fonctionne, et pourquoi historiquement les marchés actions ont toujours rebondi après les krachs.
Programme : qu’est-ce qu’une action et une obligation, comment fonctionne une bourse, lecture d’un graphique de cours, notion de dividende, introduction aux indices (CAC 40, S&P 500), la relation risque/rendement, historique des grands krachs et des rebonds. Simulation de portefeuille fictif sur un semestre. 1h30 par semaine dans une nouvelle matière « Économie et finances personnelles ».
05
Seconde
Les intérêts composés et l’investissement long terme : la révélation
Si je ne devais choisir qu’un seul concept à enseigner au lycée, ce serait les intérêts composés. Cette mécanique est la clé de compréhension de tout investissement long terme. Un élève de Seconde qui comprend que 200€ investis chaque mois pendant 40 ans à 7% de rendement annuel deviennent plus de 528 000€ a une raison concrète de commencer à épargner à 16 ans plutôt qu’à 35. La différence entre commencer à 20 ans et commencer à 35 ans, à effort égal, peut représenter plusieurs centaines de milliers d’euros à la retraite. C’est un choc pédagogique qui change des vies.
Programme : formule des intérêts composés, simulation sur 10, 20, 30, 40 ans, comparaison commencer tôt vs tard, introduction aux ETF (fonds indiciels) et à la gestion passive, notion de frais et leur impact sur le long terme, DCA (Dollar Cost Averaging) expliqué simplement. En lien avec les suites géométriques du programme de maths. 2 heures par semaine.
06
Première
La fiscalité, les enveloppes et la retraite : la vraie vie financière adulte
On peut sortir du lycée sans avoir jamais entendu parler d’un PEA, d’une assurance-vie ou d’un plan d’épargne retraite. Ces trois enveloppes fiscales régissent pourtant la quasi-totalité de l’épargne des Français. Les comprendre à 16 ans, c’est avoir 20 ans d’avance sur la majorité des adultes. C’est aussi comprendre que le système de retraite par répartition repose sur des hypothèses démographiques fragiles, et que la retraite par capitalisation n’est pas un gros mot mais un complément nécessaire.
Programme : flat tax (PFU) et barème IR sur les revenus du capital, fonctionnement du PEA et du CTO, introduction à l’assurance-vie, bases du système de retraite (répartition vs capitalisation), simulation de l’impact de l’inflation sur l’épargne à long terme, lecture d’un relevé de compte et d’un relevé d’assurance-vie. 2 heures par semaine.
07
Terminale
Construire son patrimoine : du premier salaire à la liberté financière
En Terminale, les élèves sont à quelques mois de leur premier salaire, de leur premier loyer, de leur premier crédit étudiant. C’est l’année où l’éducation financière devient immédiatement opérationnelle. Le cours de Terminale doit être une boîte à outils complète pour la vie adulte : choisir son courtier, ouvrir un PEA, comprendre un contrat de location, lire une fiche de paie, déclarer ses revenus aux impôts, éviter les arnaques. Et au-delà du quotidien, introduire la notion de liberté financière : à partir de quel patrimoine peut-on vivre de ses rentes ? Comment construire un portefeuille diversifié sur une carrière entière ?
Programme : ouvrir et gérer un PEA, choisir un courtier, comprendre un contrat de bail et une assurance habitation, déclarer ses revenus aux impôts, lire une fiche de paie et comprendre les cotisations sociales, éviter les arnaques (liste noire AMF, signaux d’alerte), introduction à la liberté financière et au concept FIRE (Financial Independence, Retire Early). Un projet de fin d’année : construire son plan d’investissement personnel sur 20 ans. 2 heures par semaine + 1 séance d’intervenant extérieur indépendant par trimestre.
08
Tous niveaux
Former les enseignants et s’appuyer sur des experts indépendants
Le dispositif « J’invite un banquier dans ma classe » est révélateur d’un problème de fond : faute d’enseignants formés, on délègue l’éducation financière à des professionnels dont les intérêts sont potentiellement en conflit avec ceux des élèves. Un banquier n’est pas le meilleur pédagogue sur le coût réel des frais bancaires. Il y a deux solutions complémentaires : former les enseignants eux-mêmes pour les cours du quotidien, et faire appel à des intervenants indépendants certifiés AMF pour les séances qui demandent une expertise pointue. Les INSPÉ n’ont pas toutes les ressources pour tout couvrir. Un expert en éducation financière indépendant, sans produit à vendre, peut apporter une vraie valeur ajoutée en classe sans les conflits d’intérêts inhérents au secteur bancaire. Il existe en France des créateurs de contenu pédagogique, des formateurs indépendants et des passionnés de vulgarisation financière qui feraient ce travail avec plus de rigueur, plus de clarté et bien moins de conflits d’intérêts. Le fondateur de TirelireLab se porte volontaire, par exemple. Il a au moins l’humilité de savoir qu’il n’est pas une banque.
Programme : module de 30 heures d’éducation financière dans la formation initiale des INSPÉ, module de formation continue annuel de 6 heures pour les enseignants en poste, référentiel national d’intervenants indépendants certifiés AMF agréés par l’Éducation nationale, ressources pédagogiques libres de droits créées par la Banque de France et l’AMF mises à jour annuellement, évaluation nationale des compétences financières intégrée au brevet et au baccalauréat.

Ce programme en chiffres : de la maternelle au bac, soit 15 ans de scolarité, on passerait d’environ 2 heures d’éducation financière total (le passeport EDUCFI actuel) à environ 300 heures réparties progressivement. C’est comparable aux horaires consacrés à l’histoire-géographie ou aux langues vivantes sur la même période. Pour un sujet qui régit la qualité de vie financière des 60 années suivantes, c’est le minimum.

Le coût politique est réel : il faut trancher dans les emplois du temps déjà saturés. Mais chaque heure gagnée sur l’éducation financière se traduit en décisions meilleures sur une vie entière : moins de crédit à la consommation ruineux, plus d’épargne longue, moins de victimes d’arnaques, plus d’autonomie financière à la retraite. Le retour sur investissement social est incommensurable.

Un mot sur le tabou de l’argent en France

Il y a un obstacle culturel à reconnaître honnêtement avant de conclure. En France, parler d’argent à l’école est encore largement perçu comme indécent ou vulgaire. L’école républicaine a vocation à émanciper, pas à former des petits capitalistes. C’est une vraie tension culturelle, pas une résistance irrationnelle.

Mais cette tension est mal posée. L’éducation financière ne consiste pas à apprendre aux enfants à « aimer l’argent » ou à « investir en bourse ». Elle consiste à leur donner les outils pour ne pas se faire exploiter par un crédit à la consommation à 20%, pour ne pas perdre ses économies dans une arnaque crypto, pour ne pas se retrouver à 60 ans sans épargne retraite parce que personne ne leur a jamais expliqué comment fonctionne un plan d’épargne. C’est une question d’émancipation, pas de capitalisme.

Les pays qui ont le mieux intégré l’éducation financière dans leurs programmes scolaires ne sont pas les plus inégaux. Ce sont souvent les plus égalitaires (Suède, Finlande, Danemark). Parce que l’éducation financière réduit les inégalités : elle donne aux enfants des milieux modestes l’accès à des savoirs que les enfants de milieux aisés reçoivent dans leur entourage familial.

Si tu es prof, parent ou simplement concerné :
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La seule façon de faire bouger les lignes sur ce sujet, c’est de le rendre visible. L’éducation financière ne rentrera pas dans les programmes scolaires par décret spontané. Elle y entrera parce que des parents, des enseignants et des citoyens l’auront réclamé.

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Questions fréquentes

Quel est le niveau de culture financière des Français ?+
Selon l’enquête internationale de l’OCDE publiée en décembre 2023, les Français obtiennent 12,45/20 en culture financière et se classent 14ème sur 39 pays. Seuls 39% des adultes français atteignent le niveau minimum défini par l’OCDE pour gérer leurs finances de façon autonome et responsable. Ces résultats sont en légère progression depuis 2021 (12,17/20) mais restent insuffisants. En 2026, la Banque de France note un score de 12,82/20, toujours en amélioration mais en deçà de l’objectif.
Qu’est-ce que le dispositif EDUCFI ?+
L’EDUCFI est la stratégie nationale française d’éducation économique, budgétaire et financière, opérée par la Banque de France depuis 2016. Elle a permis de sensibiliser 1,8 million de jeunes. Son principal outil scolaire est le passeport EDUCFI, généralisé à toutes les classes de 4ème depuis 2023-2024 (750 000 élèves par an). Un nouveau plan d’action 2026-2027 a été adopté le 6 mai 2026 pour renforcer la présence numérique et l’ancrage scolaire.
Pourquoi l’éducation financière est-elle importante pour les jeunes ?+
Les décisions financières prises entre 18 et 30 ans ont un impact direct sur les 40 années suivantes. Un jeune qui comprend les intérêts composés, la fiscalité de l’épargne et les risques du crédit à la consommation prend de meilleures décisions pour toute sa vie. 64% des 15-17 ans se déclarent intéressés pour mieux comprendre ce qu’est un placement, un crédit, une assurance, un moyen de paiement. L’intérêt est là. Il manque les contenus dans les programmes officiels.
Les pays qui enseignent la finance à l’école sont-ils plus inégaux ?+
Non, c’est même souvent l’inverse. Les pays nordiques (Suède, Finlande, Norvège) qui dominent les classements OCDE de culture financière sont parmi les sociétés les plus égalitaires au monde. L’éducation financière réduit les inégalités parce qu’elle donne aux enfants des milieux modestes un accès à des savoirs que les enfants de milieux aisés reçoivent naturellement dans leur entourage familial. Ne pas enseigner la finance à l’école ne protège pas de l’argent, ça protège ceux qui savent déjà.

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