Retraite : combien
touchez-vous vraiment ?
Comparez votre pension par répartition à une rente en capitalisation — mois par mois, sur 20, 30 ou 40 ans de retraite. Capital restant et héritage inclus.
Taux 2024 calculés selon votre tranche · Régime général + AGIRC-ARRCO · Source URSSAF
| Année de retraite | 🏛️ Pension / mois | 📈 Rente cap. / mois | 💰 Capital restant | Écart cumulé |
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Retraite par répartition vs capitalisation : quelle différence pour votre pension ?
En France, votre retraite repose presque entièrement sur un système par répartition : les cotisations que vous versez aujourd’hui financent directement les pensions des retraités actuels. En échange, les actifs de demain financeront la vôtre. C’est un pacte intergénérationnel — mais pas un placement.
La capitalisation fonctionne à l’inverse : vos cotisations sont investies pour vous, fructifient au fil du temps, et constituent un capital dont vous tirez une rente à la retraite. Ce que vous n’utilisez pas reste acquis et transmissible à vos héritiers.
Comment fonctionne la retraite par répartition en France ?
Le système français est géré par la CNAV (régime général) et complété par l’AGIRC-ARRCO pour les salariés du privé. Chaque mois, une part de votre salaire brut — ainsi qu’une part patronale — est prélevée et immédiatement redistribuée aux retraités d’aujourd’hui.
En 2024, les taux de cotisation retraite atteignent environ 25 à 28 % du salaire brut selon votre tranche de rémunération. Sur un salaire brut de 3 000 € par mois, cela représente plus de 769 € prélevés chaque mois qui ne vous appartiennent pas — ils partent directement dans le circuit redistributif.
Votre pension future est calculée sur la base de vos 25 meilleures années de salaire annuel moyen (RAAM), multipliée par un taux de liquidation de 50 % au taux plein. La durée de cotisation requise est passée à 43 annuités avec la réforme de 2023, pour un départ à 64 ans.
- Taux de remplacement moyen : 50–70 % du salaire net
- Indexée sur l’inflation (depuis 2023)
- Droits s’éteignent au décès (sauf réversion partielle)
- Risque démographique : ratio actifs / retraités
- Solidarité intergénérationnelle garantie par l’État
- Aucun capital accumulé, aucun héritage
- Capital investi qui croît par intérêts composés
- Rendement historique marchés : 8–10 %/an long terme
- Rente calculée sur le capital accumulé
- Capital non consommé transmissible aux héritiers
- Risque marché : volatilité, krach en fin de vie
- Liberté totale sur le montant et le rythme des retraits
Pourquoi le rendement de la capitalisation est-il si supérieur ?
La réponse tient en deux mots : intérêts composés. Lorsque vous investissez une somme qui génère 8 % par an, ces gains produisent eux-mêmes des gains l’année suivante. Sur 42 ans de carrière, un versement mensuel de 769 € ne représente pas 387 576 € versés — il produit un capital de près de 2,9 millions d’euros.
Le taux de 8 % retenu dans notre simulateur correspond à la moyenne annuelle réelle du S&P 500 depuis 1965, dividendes réinvestis, avant inflation. En ajustant à l’inflation française (environ 2 %/an sur longue période), le rendement réel tourne autour de 6 %, ce qui reste très largement supérieur au « rendement implicite » de la répartition, estimé entre 1,5 et 2,5 % par les économistes.
La règle des 4 % : comment transformer un capital en rente viagère ?
En capitalisation, la question clé est : à quel rythme puis-je puiser dans mon capital sans le dépenser entièrement ? La règle des 4 %, issue des travaux de William Bengen (1994) et de l’étude Trinity (1998), est devenue la référence mondiale.
Notre simulateur utilise une approche légèrement différente : le capital est supposé placé à 5 %/an pendant la retraite (hypothèse conservative), et la rente est calculée pour durer exactement la durée que vous choisissez — 20, 30 ou 40 ans. Pour 3 000 € brut et 42 ans de carrière, cela donne environ 15 400 €/mois sur 30 ans, contre une pension estimée à 2 100 €/mois en répartition.
Peut-on réellement comparer les deux systèmes ?
La comparaison a ses limites. La répartition offre des garanties que la capitalisation ne peut pas offrir : une pension indexée sur l’inflation, une rente viagère illimitée, et une solidarité envers ceux qui ont des carrières heurtées. La capitalisation expose au risque de séquence (krach au moment du départ) et au risque de longévité.
Notre simulateur n’a pas vocation à trancher ce débat. Il vise à vous donner une information que personne ne met en face de vous : combien valent réellement vos cotisations retraite si on les traite comme un investissement.
